A Dieu Matthieu

A Dieu Matthieu

Matthieu aimait la vie, Matthieu était un bon vivant, il aimait les farces, les blagues, les copains et les bonnes bouffes.

Il aimait la bouvine, le camargue, le bioù, les arènes, le trident, la fête.

Le crabe l’a terrassé et sur chacun s’est abattu la pesanteur de l’absence de celui qui sur « Face Book » avait inscrit « si mon absence ne change rien à ta vie, c’est que ma présence n’avait aucune importance »

Et bien, Matthieu, tous ceux qui t’ont accompagné aux arènes, puis en procession jusqu’à l’église Saint Sixte II, tous ces visages marqués par la peine, crispés, mouillés voulaient te dire que ton absence laisse une trace indélébile et qu’à jamais tu vivras dans leur souvenir.

En effet, pour tes parents, tes frères et sœurs, tes amis, tes copains, ton camargue, les toros, rien ne sera plus comme lorsque tu étais parmi eux.

Dans les arènes il y avait la foule des grandes courses, mais l’ambiance était pesante et le cérémonial simple et dense n’appelait que le recueillement et la communion du peuple de la bouvine.

Tu es arrivé dans ton corbillard à cheval, accueilli par l’Abbé Hervé Dussel, notre curé et ton corps a traversé la foule, au milieu de la haie d’honneur des gardians et des arlésiennes dans leurs plus beaux atours et la foule suivait grave et silencieuse.

 

L’église Saint Sixte II était beaucoup trop petite pour accueillir tous ceux qui avaient décidés de t’accompagner jusqu’au bout. Les chants étaient beaux, les lectures étaient appropriées et ta sœur et ton amie, Alice et son porte parole Nathalie, nous ont touchés avec des mots d’amour, de tendresse, de vie partagée donnant de toi un portrait vrai et vivant.

Notre curé dans son homélie a pris en compte le chagrin de tes parents, de tes frères et sœurs et de tous ceux qui étaient là, mais nous a assuré que notre espérance n’était pas vaine et que la Vierge Marie te tendra les bras pour t’accueillir dans le royaume de Dieu comme elle nous l’a promis.

Tu as été accompagné respectueusement, dignement dans le recueillement et les larmes et sur la place de la Mairie, au passage de ton cercueil des applaudissements nourris t’ont accompagné jusqu’au corbillard.

A Dieu Matthieu ! Prépares-nous le chemin que nous puissions reprendre nos joyeuses cavalcades dans l’éternité en louange au Seigneur.

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